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Discours du président Etienne Pinte à l’occasion de la rencontre du CNLE avec le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault (Hôtel de Matignon, le 20/09/12)

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[21 septembre 2012]

Monsieur le Premier Ministre,

Mesdames et Messieurs les ministres,

Je tiens d’abord à vous remercier, Monsieur le Premier Ministre, au nom de tous les membres des huit collèges du Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, d’avoir pris l’initiative de nous réunir.

Cette institution, placée auprès du Premier Ministre, dont nous fêterons les vingt ans la semaine prochaine, n’a pas été réunie à ce niveau depuis plus de six ans. De même, le Comité interministériel de lutte contre l’exclusion ne s’est pas exprimé depuis la même époque. Le CNLE, dans ses récentes recommandations, a exprimé le souhait qu’il soit réactivé.

Nous sommes heureux que le CNLE soit associé à la préparation de la Conférence nationale de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale.

Nous n’avons pas attendu votre annonce pour réfléchir, élaborer et proposer des solutions en vue de lutter contre la pauvreté et l’exclusion. C’est ainsi, comme vous l’avez rappelé, que nous avons fait paraître récemment deux rapports :

- l’un sur la participation des personnes en situation de pauvreté et d’exclusion, qui nous avait été commandé par Madame Bachelot ;

- l’autre sur la mise en œuvre du droit à des moyens convenables d’existence, sujet dont nous nous étions auto-saisis.

La participation des personnes en situation de pauvreté et d’exclusion a débuté au sein du CNLE le 14 juin dernier, à titre expérimental et pour une durée d’un an. Nous souhaitons qu’elle soit pérennisée et serve de modèle aux autres institutions de notre pays.

Notre rapport sur le « reste à vivre », quant à lui, sera une contribution importante aux thématiques de la conférence nationale. J’ai remis ce rapport à Mesdames Touraine et Carlotti il y a quelques jours.

Nous avons également émis dix avis depuis deux ans et, aussi bien les rapports que les avis, ont été adoptés à la quasi-unanimité des membres.

Enfin, nous sommes bien conscients des difficultés budgétaires dans lesquelles nous nous trouvons. Mais vous avez rappelé, à juste titre, qu’en 2010 plus de 8,5 millions de nos concitoyens vivaient sous le seuil de pauvreté, et en particulier des femmes seules avec enfants, des personnes âgées, des jeunes, des réfugiés et des salariés pauvres.

Les décisions que vous avez prises en matière de logement social et de création de 150 000 emplois d’avenir pour les jeunes les plus défavorisés vont à nos yeux dans le bon sens. En matière de minima sociaux, la revalorisation du RSA pour qu’il représente, comme lors de la création du RMI en 1988, un demi SMIC a été souhaitée par le CNLE. De même, l’actualisation de l’allocation logement serait la bienvenue.

Il va falloir, Monsieur le Premier Ministre, beaucoup de courage, d’imagination et de créativité pour soulager nos concitoyens qui vivent sous le seuil de pauvreté, dans un pays qui est encore considéré comme l’un des cinq pays les plus privilégiés du monde !