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Conclusions de la 7e Table ronde européenne et de la réunion informelle des ministres en charge de la lutte contre la pauvreté

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[24 octobre 2008] La 7e table ronde européenne sur la pauvreté et l’exclusion sociale, qui s’est tenue à Marseille les 15 et 16 octobre
2008, a réuni plus de 300 acteurs européens impliqués dans la lutte contre la pauvreté. Pendant deux jours, Etats et
collectivités territoriales, partenaires sociaux et entreprises, associations et personnes en situation de pauvreté ont été
associés à l’élaboration de propositions concrètes pour lutter contre la pauvreté et l’exclusion.

Communiqué de presse

Marseille, jeudi 16 octobre 2008.

Les travaux de la table ronde, à laquelle a participé Martin Hirsch, Haut-commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté, se sont articulés autour de la Recommandation de la Commission Européenne visant la "stratégie d’inclusion active des personnes les plus éloignées du marché du travail", en date du 3 octobre dernier. Cette recommandation, qui s’appuie sur des travaux ayant débuté en 2006, en concertation avec l’ensemble des acteurs européens concernés,
repose sur trois "piliers" complémentaires et indissociables : la garantie d’un revenu minimum suffisant, des politiques favorisant l’insertion sur le marché du travail et des services sociaux de qualité et accessibles.

S’inscrivant dans la continuité des 7e Rencontres des personnes en situation de pauvreté qui ont eu lieu à Bruxelles les 16 et 17 mai derniers, la table ronde avait pour ambition d’élaborer des propositions concrètes venant faire vivre cette recommandation.

La table-ronde s’est fondée sur la conviction selon laquelle les enseignements tirés des initiatives locales permettent d’élaborer des stratégies adaptées et efficaces. C’est pourquoi l’accent a été mis dans le cadre de la 7e table ronde sur des « visites de terrain », qui sont venues faire écho aux thématiques discutées dans le cadre des ateliers.
Ainsi, les participants ont pu se rendre sur les lieux de sept initiatives locales : l’école de la deuxième chance, le chantier d’insertion « Projet pour l’emploi », le centre d’hébergement et de réinsertion sociale de l’Armée du Salut, un dispositif partenarial entre entreprise d’insertion et entreprises classiques sur le site de la Font de Mai à Aubagne, l’Association pour le Droit à l’Initiative Economique de la région PACA, l’Université populaire ATD quart monde et l’expérimentation du rSa par le Conseil Général des Bouches du Rhône.

Les rapporteurs des travaux menés le 15 octobre ont présenté le lendemain matin les messages clés et recommandations d’action
élaborés par l’ensemble des acteurs de la table-ronde.
Le rapporteur général, Fintan Farell, directeur d’EAPN, a présenté les principaux messages issus des débats et les propositions concrètes ayant émergé des travaux des participants. Il a d’abord salué trois innovations :

- la participation systématique aux débats de représentants des personnes concernées par la pauvreté, qu’il serait souhaitable de pérenniser pour les tables rondes à venir ;

- l’intérêt accru des médias pour cette table ronde et plus particulièrement pour la question de la lutte contre la
pauvreté ;

- la mobilisation politique autour de cette question, symbolisée par la présence de nombreux ministres européens en charge des questions de pauvreté.

Conclusions de la réunion informelle des ministres en charge de la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale

Communiqué de presse

Marseille, jeudi 16 octobre 2008.

Martin Hirsch, Haut-commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté, a reçu dans le cadre de la Présidence française
de l’Union européenne le 16 octobre 2008, pour la première fois, les ministres européens en charge de la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale.

Alors que 16 % des Européens vivent en dessous du seuil de risque de pauvreté et que la pauvreté laborieuse apparaît comme un phénomène croissant concernant 8% des personnes exerçant un emploi au sein de l’Union européenne, les ministres ont souhaité réaffirmer leur engagement politique en la matière. Dans ce cadre, les ministres ont débattu de la place de la lutte contre la pauvreté dans l’agenda politique de leur pays.

Organisée dans la continuité de la 7e table ronde européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, la réunion des ministres a été consacrée plus spécifiquement à la stratégie européenne d’inclusion active et aux outils indispensables à sa mise en oeuvre. L’objectif de la stratégie d’inclusion active est de donner un cadre rénové à une action coordonnée de lutte contre la pauvreté, autour de trois piliers indissociables et complémentaires : une aide au revenu suffisante, des marchés du travail inclusifs, ainsi qu’un accès à des services de qualité. Ainsi, les discussions des ministres ont pu se nourrir des messages clés élaborés par les participants de la table ronde : personnes en situation de pauvreté, réseaux européens d’associations, partenaires sociaux, entreprises, représentants des collectivités locales et des Etats membres.

Ayant préalablement reconnu que les Etats membres ont la responsabilité principale de la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, les ministres ont exprimé leur conviction que l’Union européenne apporte une valeur ajoutée en contribuant notamment à renforcer mutuellement les stratégies nationales qui y sont consacrées. Les Etats membres se sont placés dans la perspective des travaux de l’année 2010, année européenne de lutte contre la pauvreté, qui vient d’être
adoptée à l’unanimité.

Les ministres ont manifesté leur intérêt unanime pour la démarche stratégique d’inclusion active, qui vise à une insertion effective des personnes les plus éloignées du marché du travail. Ils ont accueilli favorablement la recommandation et la communication sur la stratégie d’inclusion active présentées le 3 octobre 2008 par la Commission. Ils ont tous exprimé leur engagement à aboutir lors du Conseil EPSSCO des 15 et 16 décembre 2008 à des principes communs d’inclusion active, afin de compléter et moderniser le socle commun de valeurs partagées d’une Europe solidaire, dans le respect du principe de subsidiarité. Ils ont encouragé le Comité de Protection Sociale à assurer un suivi de l’application de ces principes communs.

Les ministres ont également insisté sur la nécessité de définir les outils adaptés pour la mise en oeuvre et le suivi de la stratégie européenne de lutte contre la pauvreté qui doivent faire l’objet d’une discussion sur la base de l’agenda social renouvelé. Sur ces sujets, la préoccupation est d’être aussi concret et innovant que possible.

La fixation d’objectifs quantifiés au niveau national est apparue à une grande majorité des Etats membres comme une démarche pertinente méritant d’être approfondie, notamment dans la perspective de l’année européenne de la lutte contre la pauvreté, en 2010, soit pour toute la population concernée, soit pour des populations spécifiques (enfants, travailleurs pauvres). Un travail en commun sur les indicateurs adéquats pour chaque situation nationale pourrait s’engager entre les Etats intéressés avec l’appui du Comité de Protection Sociale.