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2 décembre 2011 : Avis du CNLE sur le 3e rapport du gouvernement relatif à l’objectif de baisse d’un tiers de la pauvreté en cinq ans

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[7 décembre 2011] Le gouvernement a transmis en octobre au Parlement son troisième rapport annuel sur le suivi de l’objectif de baisse d’un tiers de la pauvreté en cinq ans (2008-2012).

Le CNLE constate d’abord l’effort de qualité et de clarté renforcée du document. Ceci permet de dresser un état des lieux plus complet et plus lisible des politiques nationales menées pour réduire la pauvreté et l’exclusion sociale.

Cependant, le conseil déplore un décalage entre la réalité que les acteurs sociaux observent sur le terrain en 2011 et les chiffres disponibles dans le rapport qui portent sur une période N-2. Cela accentue le sentiment d’une communication politique d’autojustification alors que le CNLE souhaiterait y trouver un plus grand réalisme opérationnel par rapport à la situation actuelle et une intention prospective, au-delà du décalage inévitable des statistiques.

Le rapport montre bien que les indicateurs en France sont moins dégradés qu’ailleurs, ce qui met en évidence le rôle positif de notre système de protection sociale qui, s’il doit être adapté, doit aussi être valorisé. Mais le rapport souligne insuffisamment les grandes difficultés et les défis qui restent aujourd’hui à relever dans la poursuite des objectifs que nous nous sommes fixés... C’est ce que met en évidence, avec lucidité mais sans perdre espoir, la contribution de l’ONPES qui a nourri la réflexion des membres du CNLE et éclairé leur avis.

Le CNLE réitère sa demande de suppression du taux de pauvreté ancré dans le temps comme indicateur central du tableau de bord - une demande qu’il a formulée avec l’ONPES, dès 2009, car cet indicateur est source de confusion et d’une fausse appréciation de l’impact des politiques menées.

Le conseil souhaite que les efforts d’amélioration de la statistique publique dans ce domaine se poursuivent par la mise au point d’indicateurs d’alerte précoces et par une meilleure prise en compte de l’intensité de la pauvreté. Il trouve aussi qu’il serait intéressant de s’intéresser au nombre d’années pendant lesquelles certains peuvent se retrouver « ancrés » durablement dans une situation de pauvreté.

Dans cet avis, le CNLE développe ses recommandations dans 4 domaines d’intervention qui lui paraissent déterminants pour faire reculer la pauvreté :
- une indexation des prestations sociales,
- prendre à bras le corps la question de l’insertion des jeunes,
- assumer l’engagement national sur le droit au logement,
- assurer l’effectivité de l’accès aux soins,
- agir en amont et collectivement.

En conclusion, le CNLE renouvelle, de façon pressante, sa demande de mise en place d’un plan d’action, global et multipartenarial, pour la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale.

Etienne PINTE, président du CNLE, et Jérôme VIGNON, président de l’ONPES, ont tenu une conférence de presse conjointe le 5 décembre 2011, à l’Assemblée nationale. Il leur semblait important de rendre publiques les réactions du conseil et de l’observatoire à ce rapport et d’interpeller les pouvoirs publics sur les mesures à prendre pour mener une véritable politique de lutte contre la pauvreté.

* Lire l’intégralité de l’avis du CNLE :

Avis CNLE rapport gouvernement pauvreté (PDF - 58.1 ko)